LA CGLTE-AO renforce l’autonomie agroécologique des femmes maraîchères au Togo

Trois groupements de femmes maraîchères du sud du Togo ont récemment bénéficié d’une initiation à la production d’engrais et de pesticides biologiques. Les sessions de formation se sont tenues les 23, 24 et 26 juillet 2025, respectivement à Tsévié, Amouzougan-Kondji et Adéticopé-Kpotavé.

Cette initiative s’inscrit dans la deuxième phase du Projet de Valorisation des Bonnes Pratiques Agroécologiques et d’Équipement des Maraîchères au Togo (PV-PAEM), porté par l’Union des Femmes du Secteur Informel (UFSI) et financé par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Ouest Africaine (CGLTE-AO).

Des enjeux environnementaux et alimentaires majeurs

Dans un contexte où la dégradation des sols, les effets du changement climatique et l’insécurité alimentaire se conjuguent, le Togo faisait face en 2022 à une situation préoccupante : une personne sur cinq n’avait pas accès à une alimentation saine. Or, l’agriculture, qui mobilise 60 % de la population active, repose largement sur les femmes, particulièrement impliquées dans le maraîchage.

Après une première phase axée sur la sensibilisation aux pratiques agroécologiques et la dotation en matériels adaptés, cette seconde étape du PV-PAEM vise à consolider les acquis en formant les bénéficiaires à la fabrication d’intrants biologiques issus de ressources locales : compost liquide, insecticides à base de neem, d’ail, de feuilles de papayer ou de piment, entre autres.

Préparation des engrais organiques

Les trois sessions de formation ont réuni près de soixante femmes représentant les groupements Novissilélé (Tsévié), La Main de Dieu (Amouzougan-Kondji) et Assilassimé (Kpotavé). Encadrées par des formateurs spécialisés, elles ont appris à :

  • produire trois types d’engrais biologiques adaptés à leurs cultures ;
  • élaborer des pesticides naturels efficaces contre les principaux ravageurs ;
  • comprendre les mécanismes de fertilité des sols dans une optique agroécologique durable.

L’approche pédagogique retenue repose largement sur la pratique : plus de 70 % du temps a été consacré à des démonstrations et expérimentations sur le terrain. Un dispositif de suivi post-formation est prévu afin de favoriser l’adoption effective des techniques acquises.

Pour Kafui Dorcas AWLEGOU, représentante de l’UFSI au Togo, il était essentiel de sensibiliser les participantes aux risques liés à l’usage intensif d’engrais chimiques, souvent importés, coûteux et nocifs tant pour la santé que pour les sols : « Les engrais chimiques détruisent progressivement la fertilité de nos terres et compromettent notre santé. Il est crucial de revenir à des pratiques respectueuses de la nature et de notre bien-être. L’engagement des maraîchères est donc déterminant. »

Vers une souveraineté alimentaire locale

Ce programme ambitionne de réduire la dépendance aux intrants chimiques importés, inadaptés aux réalités des sols tropicaux et nuisibles aux écosystèmes. En valorisant les savoirs locaux et en renforçant les compétences techniques des productrices, le PV-PAEM contribue à la souveraineté alimentaire nationale tout en promouvant une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Selon Yannick ABODA, formateur, le compost liquide constitue une alternative économique et durable : « Avec le compost liquide, nous réduisons nos dépenses tout en enrichissant naturellement le sol. Nous utilisons des ressources locales telles que le neem, l’ail ou les feuilles de papayer. C’est bénéfique pour la terre, les cultures et la santé de nos familles. »

Les bénéficiaires ont chaleureusement remercié la CGLTE-AO et son porte-parole, M. Massé Koné, pour leur engagement. Elles se déclarent prêtes à prendre part activement au Forum social mondial prévu au Bénin en 2026, et espèrent que ces bonnes pratiques agroécologiques essaimeront dans d’autres localités. Formées et désormais ambassadrices de l’agroécologie, elles entendent porter ce savoir-faire au cœur de leurs communautés.

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